« ULB : nouvelle élection cruciale » (La Libre 17/01/11)

Posted on 17 janvier 2011 par

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ULB : nouvelle élection cruciale

Laurent Gérard

Mis en ligne le 17/01/2011

Trois candidats se disputent la présidence du conseil d’administration. Il s’agit d’un poste très important au sein de l’université bruxelloise.

Six semaines après s’être choisi un nouveau recteur, en la personne de l’historien Didier Viviers, l’Université libre de Bruxelles (ULB) va vivre, ce lundi, une nouvelle journée cruciale avec l’élection du président et du vice-président de son conseil d’administration.

A l’ULB, le système de direction bicéphale attribue, en effet, au président de l’université un rôle central en matière de gestion (finances, infrastructures, relations avec les syndicats, ), aux côtés du recteur et de ses responsabilités académiques (enseignement, recherche, vie étudiante, internationalisation ).

Contrairement à l’élection du recteur, qui a fait suite à la démission de Philippe Vincke, à l’aube de son second mandat, ce renouvellement des responsables du CA était prévu de longue date. Mais il revêt une importance particulière, vu la crise de gouvernance qu’a traversée l’institution ces derniers mois.

Le conseil d’administration a, en effet, vécu une guerre de tranchée entre deux clans : d’un côté, les académiques, favorables au recteur; de l’autre, le personnel scientifique, administratif et technique et les étudiants, rejoints par deux académiques et regroupés sous la bannière Interfac.

L’Interfac, devenue majoritaire au CA, détenait le pouvoir de bloquer certaines décisions du recteur. Ce fut le cas pour la désignation de deux vice-recteurs choisis par M. Vincke, ce qui avait mené à la démission de ce dernier qui avait dénoncé la « logique de clans » qui « gangrène l’institution ».

Dans ce cadre, la double élection de ce jour – d’abord celle du président, suivie de celle du vice-président – pourra, en fonction de son issue, contribuer à l’apaisement ou au contraire relancer les tensions.

Pour succéder à Jean-Louis Vanherweghem, catalogué libéral, la tradition d’alternance veut que le nouveau président soit étiqueté socialiste, ce qui est le cas, à des degrés divers, des trois candidats se disputant le mandat – même si en théorie, tout administrateur a encore la possibilité de proposer un autre nom lundi.

Fabrizio Bucella, 37 ans, docteur en sciences, ex-président de la Fédération des étudiants francophones, conseiller communal PS à Ixelles et ancien cabinettard socialiste, est actuellement vice-président du CA de l’ULB. Membre moteur du groupe Interfac, il a bénéficié jusqu’ici de l’appui d’une majorité d’administrateurs. Mais depuis, comme nous le confiait l’un d’entre eux, « les lignes ont bougé ». Il n’est dès lors pas dit que ce soutien sera encore suffisant pour l’emporter.

Face à lui, Alain Delchambre, 49 ans, doyen de la Faculté des sciences appliquées jusqu’à septembre dernier. En tant que membre du groupe des académiques soutenant le recteur, il a eu l’occasion de se frotter à M. Bucella. Il s’est présenté en duo avec Martin Casier, 23 ans, doctorant en physique et candidat vice-président. Un système de « ticket » pour lequel les deux autres candidats ont refusé d’opter, le poste de vice-président pouvant constituer une compensation pour le clan des vaincus.

Enfin, le troisième et dernier homme (ne cherchez pas de femme) a été sollicité par le président Vanherweghem et le prorecteur Pierre de Maret, à qui le CA avait confié la mission de susciter des candidatures. Il s’agit de Michel Allé, 60 ans, directeur financier à la SNCB Holding et professeur à temps partiel à la Solvay Business School, faculté de l’ULB dont il a par ailleurs été président.

Un candidat extérieur au CA, qui n’a pas pris part au récent conflit et pourrait dès lors bénéficier d’une sorte d’effet « neutralité ». Mais rien n’est moins sûr, d’autant que parmi les étudiants, qui bénéficient tout de même de neuf voix sur la quarantaine d’administrateurs, on n’apprécie pas nécessairement son profil de « gestionnaire manager ».

On s’attend en tout cas à un scrutin serré et à deux tours, vu que 75 % des voix sont nécessaires pour s’imposer dès le 1er tour, ce qui est improbable. Reste à voir quels seront les deux qualifiés pour le 2nd tour, et sur qui se reporteront les voix du candidat éliminé. Le suspense débute, ce lundi, à 16h30.

http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/636349/ulb-nouvelle-election-cruciale.html

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